J’écris une thèse. Ça n’avance pas du tout à la vitesse escomptée (ni celle que j’avais imaginée, ni celle qu’on attend manifestement de moi). Je suis en fin de cinquième année et je n’ai pas commencé à écrire avant la deuxième, voire la troisième année. Le résultat c’est que je dispose d’un manuscrit qui correspond vaguement à la moitié de mon plan. Sans avoir encore été proprement relu.
J’ai essentiellement passé les deux premières à réécrire et à finaliser le texte que j’avais rédigé pour mon mémoire de M2 sur Elles sont de sortie, parce qu’il allait être publié sous la forme d’un gros ouvrage, parce qu’une éditrice était suffisamment déraisonnable pour le financer. En bossant sur le livre, j’ai mis de coté la thèse, alors même que j’ai commencé à toucher du fric de la part de l’université (un contrat doctoral qui fait que je n’ai pas le droit de me plaindre) à partir de la deuxième année. L’idée était aussi, de façon franchement approximative, que le travail abattu sur le bouquin Elles sont de sortie allait me resservir pour la thèse (un peu, certes).
La difficulté de se mettre à écrire génère une série de problèmes. Ce n’est pas seulement que la thèse n’avance pas et qu’on risque de perdre le boulot déjà accompli si on ne soutient pas, par exemple. Mais c’est aussi qu’on déçoit les quelques personnes qui regardent ça de l’extérieur. Et bien entendu qu’on culpabilise, parce qu’on nous a filé du fric, parce qu’on nous a encouragé, parce qu’on a eu de la patience. Tout ça n’aide pas à écrire.
Je suppose que le premier problème, celui qui entraîne les autres, est lié à une histoire de pression que je mets. Être à la hauteur du sujet, etc.
Il y a quelques semaines, j’ai noté dans mon téléphone (je m’envoie des messages via Signal pour ne pas oublier certains trucs) : « psy » et « blog ». Donc c’est finalement plutôt blog (je dis ça pour expliquer pourquoi je raconte tout ça comme ça). J’en ai parlé à Guy Mercier parce que j’aime bien ce qu’il écrit et que j’ai déjà écrit dans un blog qu’il animait il y a des années (le r*ck est m*rt). Et c’est aussi une drôle d’histoire parce que j’ai interviewé Pacôme Thiellement (pour la thèse) il y a deux ans je crois, et qu’il a commencé à me parler du blog. Je ne sais plus pourquoi, mais ce n’est pas moi qui en ai parlé. C’est possible qu’il ait été un lecteur du blog alors que je n’y écrivais pas, mais je crois me souvenir qu’il a mentionné mon pseudo (Nabila Crunk). Après que mon éditrice a envoyé le livre sur Elles sont de sortie à Pacôme Thiellement, il n’a jamais répondu. Et quand il m’a recroisé dans la galerie de Stéphane cette année parce qu’il venait voir l’exposition de Captain Cavern, il ne m’a pas reconnu (si j’utilisais toujours le pseudo Nabila Crunk, je mettrais « reconnue » pour entretenir le doute).
Évidemment, je suis irrité par ces histoires. C’est pour ça que j’en parle. « J’en ai gros sur la patate », dirait Hendrik.
Mais ça me contrarie moins que les difficultés d’écriture. Il y a sûrement des choses liées à un sentiment d’illégitimité, etc. Mais je ne pense pas que ce soit passionnant. Aujourd’hui j’ai repris mon chapitre sur Blank, un graphzine animé par des étudiants des Arts Décoratifs entre 83 et 85. J’ai reporté les noms propres dans un index nominum, une (bonne) idée de mon directeur de thèse. Mais je me rends compte que je préfère ajouter des dates de naissances ou bien le vrai nom des artistes derrière leurs pseudos plutôt que d’écrire. Tout ça reste compliqué.
Le dernier numéro de Blank, ça ressemble notamment à ça :


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