Catégorie : thèse

  • Parler/dire/au sujet de

    capture d'écran d'une visioconférence. toutes les caméras sont éteintes et au centre, l'orateur partage son écran. C'est un diaporama dont le titre est "Le raisonnement et la logique".

    J’avais pensé faire un peu à la volée une liste de sujets dont je voulais « parler », histoire d’avoir toujours un point de départ pour chaque post/article. Mais je ne l’ai pas fait, tout comme je n’écris pas assez vite la thèse, je ne réponds pas à mes emails, je n’ai pas encore imprimé le zine de Boris, je ne suis pas allé à la recyclerie à Audincourt pour acheter un vélo, je n’ai pas pris rendez-vous chez le médecin. La liste des choses que je n’ai pas faites est plus longue que celle des choses que j’ai faites (évidemment).

    A ce sujet, c’est drôle, à l’instant, je reçois un email de mon ancien prof aux Beaux Arts, qui me propose de participer à une revue qu’il anime. Nous n’avons pas été en contact depuis presque 20 ans. Il m’avait même exclu de son atelier. « Heureux de te lire et de saluer au passage toute ton activité« , me dit-il en introduction de son message. Je ne sais pas de quoi il parle. Mais je donnerai probablement mon accord pour publier dans sa revue parce que j’aime que mes images soient imprimées.

    Et puis il y a des histoires logistiques sur le blog qui requièrent un peu de concentration. Comme si j’en disposais de façon limitée (de la concentration), en réfléchissant par exemple aux histoires de jetpack (le truc qui permet de s’abonner au blog je crois), je n’en ai plus pour le reste, donc pas de liste. Pas d’avis éclairé sur jetpack non plus d’ailleurs. Et je m’en fous un peu, mais pas complètement non plus, parce que je n’ai pas envie que ces questions pèsent sur les seules épaules de Véronique.

    Il me reste quand même des souvenirs de ce que je comptais mettre dans cette liste.
    Je sais que je voulais parler des colis de Christophe Petchanatz, qui m’envoie régulièrement ses poubelles, des trouvailles de boîtes à livres, ses listes de course, ses courriers persos (ceux qu’il reçoit), ses emballages vides de médicaments, etc. Si vous envoyez une carte ou une lettre à Christophe, il y a une grande chance qu’elle finisse chez moi.
    Après, ça n’éclaire pas vraiment ce que je pensais dire sur tout ça. Je ne suis pas certain même d’avoir d’avis clair sur le sujet. Ça m’amuse pas mal d’avoir à trier les conneries d’un copain, et en même temps, souvent ce sont vraiment des conneries. Je soupçonne Christophe de jubiler à m’envoyer des saloperies, à se foutre (gentiment) de ma gueule, mais aussi il y a parfois (par exemple) des volumes du Héron (il y a un lien, il faut cliquer) et alors je suis content.

    Suite de la liste (de tête) :
    – vendre des livres et des magazines sur Vinted.
    – avoir des amis morts dans ses followers sur les réseaux sociaux.
    – Organum/David Jackman.
    – chercher des gens sur Facebook pour leur écrire (pour la thèse) et (au choix) se rendre compte qu’ils sont cons, qu’ils sont racistes ou juste qu’on n’a pas envie de leur écrire.
    – les gens qui animent Discogs et les solutions pour s’en débarrasser physiquement.
    – utiliser ou pas les vrais noms des gens dont on parle quand on écrit alors qu’on sera peut-être lu par eux, ou par d’autres personnes qui les connaissent.
    – publier et ne plus publier de zines avec des images. Réfléchir à des expositions qui ne verront jamais le jour si je n’écris pas à untel. Expliquer (pour moi, pour d’autres) comment je pense souvent à la réaction de x ou de y quand je fais un zine. Mais certains de ces x ou de ces y sont morts alors c’est parfois plus compliqué.

    Il y avait un truc hier soir qui m’a fait me dire « ça il faut que je m’en souvienne pour le blog », et j’ai oublié bien sûr. Mais je n’ai pas oublié ce que je me suis dit sur Gabor Kao, un graphzine de 1983-1985, sur leur esthétique retro, début du XXe, « ouvriers » manuels du graphisme, etc. et les résonances entre ces images qui surjouent l’obsolescence (faces burinées à moustache devant des hauts-fourneaux) et les outils vidéos qui apparaissent à la même époque. La massification du fondu enchaîné et de l’incrustation et la façon dont ça transforme le traitement d’images imprimées par des jeunes graphistes.

  • Écriture

    Écriture

    J’écris une thèse. Ça n’avance pas du tout à la vitesse escomptée (ni celle que j’avais imaginée, ni celle qu’on attend manifestement de moi). Je suis en fin de cinquième année et je n’ai pas commencé à écrire avant la deuxième, voire la troisième année. Le résultat c’est que je dispose d’un manuscrit qui correspond vaguement à la moitié de mon plan. Sans avoir encore été proprement relu.

    J’ai essentiellement passé les deux premières à réécrire et à finaliser le texte que j’avais rédigé pour mon mémoire de M2 sur Elles sont de sortie, parce qu’il allait être publié sous la forme d’un gros ouvrage, parce qu’une éditrice était suffisamment déraisonnable pour le financer. En bossant sur le livre, j’ai mis de coté la thèse, alors même que j’ai commencé à toucher du fric de la part de l’université (un contrat doctoral qui fait que je n’ai pas le droit de me plaindre) à partir de la deuxième année. L’idée était aussi, de façon franchement approximative, que le travail abattu sur le bouquin Elles sont de sortie allait me resservir pour la thèse (un peu, certes).

    La difficulté de se mettre à écrire génère une série de problèmes. Ce n’est pas seulement que la thèse n’avance pas et qu’on risque de perdre le boulot déjà accompli si on ne soutient pas, par exemple. Mais c’est aussi qu’on déçoit les quelques personnes qui regardent ça de l’extérieur. Et bien entendu qu’on culpabilise, parce qu’on nous a filé du fric, parce qu’on nous a encouragé, parce qu’on a eu de la patience. Tout ça n’aide pas à écrire.

    Je suppose que le premier problème, celui qui entraîne les autres, est lié à une histoire de pression que je mets. Être à la hauteur du sujet, etc.

    Il y a quelques semaines, j’ai noté dans mon téléphone (je m’envoie des messages via Signal pour ne pas oublier certains trucs) : « psy » et « blog ». Donc c’est finalement plutôt blog (je dis ça pour expliquer pourquoi je raconte tout ça comme ça). J’en ai parlé à Guy Mercier parce que j’aime bien ce qu’il écrit et que j’ai déjà écrit dans un blog qu’il animait il y a des années (le r*ck est m*rt). Et c’est aussi une drôle d’histoire parce que j’ai interviewé Pacôme Thiellement (pour la thèse) il y a deux ans je crois, et qu’il a commencé à me parler du blog. Je ne sais plus pourquoi, mais ce n’est pas moi qui en ai parlé. C’est possible qu’il ait été un lecteur du blog alors que je n’y écrivais pas, mais je crois me souvenir qu’il a mentionné mon pseudo (Nabila Crunk). Après que mon éditrice a envoyé le livre sur Elles sont de sortie à Pacôme Thiellement, il n’a jamais répondu. Et quand il m’a recroisé dans la galerie de Stéphane cette année parce qu’il venait voir l’exposition de Captain Cavern, il ne m’a pas reconnu (si j’utilisais toujours le pseudo Nabila Crunk, je mettrais « reconnue » pour entretenir le doute).

    Évidemment, je suis irrité par ces histoires. C’est pour ça que j’en parle. « J’en ai gros sur la patate », dirait Hendrik.

    Mais ça me contrarie moins que les difficultés d’écriture. Il y a sûrement des choses liées à un sentiment d’illégitimité, etc. Mais je ne pense pas que ce soit passionnant. Aujourd’hui j’ai repris mon chapitre sur Blank, un graphzine animé par des étudiants des Arts Décoratifs entre 83 et 85. J’ai reporté les noms propres dans un index nominum, une (bonne) idée de mon directeur de thèse. Mais je me rends compte que je préfère ajouter des dates de naissances ou bien le vrai nom des artistes derrière leurs pseudos plutôt que d’écrire. Tout ça reste compliqué.

    Le dernier numéro de Blank, ça ressemble notamment à ça :